Séance de rattrapage
Par BJC le dimanche 12 octobre 2008, 20:41 - Nos devoirs - Lien permanent
Comme je n’ai pas été très sérieuse concernant le débat du mois sur les femmes et l’emploi, je vous propose cet article, publié dans le magazine de programme TV, Télé 7 Jours, dans son numéro du 11 octobre. Une enquête qui s’inscrit tout à fait dans le débat du mois sous le titre « La télé macho, (finalement) c’est pas fini ». Une enquête d’Eva Roque que je vous livre telle quelle :
« En juillet, avec l’arrivée de Laurence Ferrari et Marie Drucker, Télé 7 Jours titrait en couverture « la télé macho, c’est fini ! ». Un rapport sur l’image des femmes dans les médias, commandé par la Secrétaire d’Etat à la Solidarité, Valérie Létard, prouve que ce n’est pas encore gagné !
Certes les femmes journalistes sont de plus en plus nombreuses et accèdent aux postes à responsabilités. Mais en termes d’image, les stéréotypes sont tenaces. Entre la vie quotidienne de la gent féminine et sa représentation médiatique, il y a un monde. Cette conclusion de la commission sur l’image de la femme dans les médias (télé, radio, presse écrite), dirigée par Michèle Reiser, s’appuie notamment sur une enquête quantitative, menée le 15 mai dernier. Moins présentes dans les reportages, les femmes héritent non seulement d’un temps de parole inférieur à celui des hommes, mais elles sont sollicitées sur des sujets flirtant avec l’émotion, le compassionnel, pendant que le mâle dominant discute questions internationales… Quand Arte ouvre son antenne à ses experts hommes, M6 laisse la place à des témoins femmes : Annie Amouriq, par exemple, maman qui a intenté un procès contre un hôpital ayant ranimé, contre son gré, son nouveau né handicapé. La France est paralysée par une grève, madame est interrogée sur sa difficulté à faire garder ses enfants !
Les femmes apparaissent donc plus anonymes, moins expertes et davantage victimes que les hommes. Ce 15 mai, trois figures féminines dominent l’actualité : Angelina Jolie (la jolie), Christine Lagarde (l’experte) et Annie Amouriq (la mère de famille), ou, en d’autres termes, la vedette glamour, la maîtresse femme et la mère de famille vaillante ! « à force de ne pas donner la parole aux femmes, elles risquent de s’accoutumer à ne pas la prendre. elles refusent souvent de venir débattre » reconnaît Frédéric Taddeï, Membre de la commission, à qui on a pu reprocher un déficit d’expertes dans son émission « ce soir (ou jamais !)». Et dans les talk-shows, pendant que les hommes parlent sur le plateau, les femmes écoutent, placées au premier rang du public…
Autre exemple symbolique, mais révélateur : la façon dont on désigne les personnes. Par le nom de famille, voir le nom complet pour monsieur ; par le prénom pour madame : Obama contre Hillary, Ségolène contre Sarkozy, Rachida, Fadela, Carla… et pas Nicolas ou François… Côté stéréotypes, la fiction n’est pas en reste : à TF1, dans un passé pas si lointain, un cahier des charges imposait des femmes jeunes, avec une poitrine généreuse et une fidélité à toute épreuve, seules les femmes de second rôle ayant le droit de tromper leurs conjoints…
Autant d’exemples qui prouvent le bien fondé de cette commission dont le travail devrait se poursuivre. Une consultation annuelle des Dirigeants des chaînes est également envisagée, ainsi que des actions en partenariat avec l’Education Nationale. Un petit pas pour la parité, un grand bon pour l’égalité »
Quand les hommes parlent plus que les femmes : Le rapport de la commission repose sur l’analyse des reportages diffusés le 15 mais 2008 sur TF1, France 2, France 3, M6 et Arte et dans les Guignols de l’info (Canal+) . La prise de parole moyenne est de 68% pour les hommes (temps moyen 12s) contre 32% pour les femmes (temps moyen 9,1s) soit un écart de 25%...
Signe encourageant : 43% des journalistes sont aujourd’hui des femmes !! et elle constituent 60% des effectifs des écoles de journalisme !!
La commission est composée de : Michèle Reiser, Inès de la Fressange, Marcel Rufo, Frédéric Tadeï, Elsa Zylberstein, Jiann-Yuh Wang, Linda Weil, Brigitte Grésy, Malek Boutih, Geneviève Brisac, Pascal Charvet, Mercédès Erra, Isabelle Falque Pierrotin, Marianne Lamour, Annette Levy Willard.
Enquête que vous retrouverez page 32 du Télé 7 Jours numéro 02679 du 11 octobre
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Commentaires
Il n'y avait pas besoin de séance de rattrapage !! Ceci dit, cela valait la peine de lire ce billet... instructif !
Alors ça c'est dingue, mais je ne fais jamais gaffe au sexe des chroniqueurs, intervenants, etc... (j'avais même pas fait gaffe pour Taddei et pourtant, je l'aime bien).
je me rappelle juste que quand j'étais gamine, les femmes animaient des émissions soporifiques pour les femmes ("aujourd'hui madame" je crois) et que "ma sorcière bien aimée" avait un rôle de maîtresse de maison et qu'elle se faisait toute petite devant son mari quand elle s'éclatait pendant que la mère Ingalls faisait ses tartes en baissant la tête).
On croyait qu'elles n'avaient rien à dire, donc quand elles avaient la paroles, elles restaient cantonnées dans cette image. Ca devait être terrible.
Aujourd'hui, il y a de + en + de femmes dirigeantes qui, me semble-t-il ont le même mérite que les hommes compétents et gagnent le même respect.
Je ne sens pas trop la différence. J'ai en tout cas pris un grand plaisir à lire ton billet.
Salut ma BJC, bizou
Je vais faire gaffe avec Taddei!
@ Touline : il faut quand même que je montre que je sais être sérieuse parfois
@ Pascale : belle analyse !! je vois que l'on a la même culture
"aujourd'hui madame"... pourtant si moderne à l'époque ! bisous