Atelier création entreprise - partie 2
Par NatCordeaux le samedi 7 mars 2009, 08:19 - Chroniques de BJC - Lien permanent
On continue l’aventure ? L’aventure de la création d’entreprise s’entend… parce que le sujet d’aujourd’hui n’a rien d’une aventure passionnante… les régimes fiscaux… personnellement rien que le mot « régime » me met déjà en transe… alors associé à « fiscal »… je vous laisse entrevoir
Mais il faut y passer !
D’abord une évidence (n’écrivez pas vos billets à 13h devant le JT de Pernaut ça peut influencer le genre de phrase que vous allez lire maintenant) : de chaque statut juridique découle une situation fiscale. Voilà ! Merci et au revoir à la semaine prochaine ! Naaan ! On se rassoit et on prend des notes !
Partie 2 : le régime fiscal
Très long de parler en détails des régimes fiscaux… vous connaissez tous la simplicité caractéristique de notre Administration ? Et bien ces gens simples ont forcément inventé des choses simples… mais non je ne me moque pas… je constate. Donc pour faire relativement simple et en accord avec mon projet, qui tend a devenir celui de auto-entreprenariat, je vais m’axer plus particulièrement sur celui-ci et résumer les autres cas.
Dans l’Entreprise Individuelle, il y a donc la micro-entreprise et depuis janvier dernier l’auto-entreprise regroupant les professions libérales, les entrepreneurs « de services » (ayant donc une activité de service, intellectuelle, de conseil…) et les entrepreneurs « de commerce » (ayant une activité d‘achat pour la revente, d‘où notion de produits). Toutes les activités peuvent être exercées dans ce cadre en dehors de quelques unes comme la promotion immobilière, les marchands de biens (relevant d‘une TVA immobilière), assureurs, location de matériel ou d‘immeubles, la vente d‘automobiles, la production littéraire, les officiers publics ou ministériels…
La micro-entreprise est une entreprise à part entière puisqu’elle est immatriculée, mais elle a un régime fiscal simplifié basé sur un forfait en fonction du CA et de l‘activité, régime qui lui permet de bénéficier d’avantages tant que son CA annuel HT ne dépasse pas une certaine limite.
Regardons en détail le régime fiscal de la micro-entreprise (loi de finance de 2009):
- Les Professions Libérales sont soumises au régime BNC*, le seuil de leur CA est de 32 000 €uros. On considère que 66% de leur CA correspondent à leur revenu (bénéfice) et serviront de base à l’imposition.
- Les Entrepreneurs « de service » sont soumis au régime BIC*, le seuil de leur CA est également de 32 000 €uros. On considère que 50% de leur CA correspondent à leur revenu.
- Les Entrepreneurs « de commerce » sont soumis eux aussi au régime BIC, mais le seuil de leur CA est amené à 80 000 €uros. On considère ici que 29% de leur CA correspondent à leur revenus.
À noter qu’il possible de dépasser, deux fois, sans pénalités ou obligations le seuil de CA sans pour autant dépasser 34 000 et 88 000 €uros.
Quels sont donc les avantages de la micro-entreprise ?
- l’entrepreneur ne facture pas la TVA : la micro-entreprise est bénéficière de la franchise de TVA ou carrément exonérée de par son activité. Elle n’applique donc pas de TVA sur le CA (vente) cela a donc pour avantage de simplifier les formalités mais l'inconvénient est qu'il ne la récupère pas sur ses achats.
- Les obligations fiscales et comptables sont réduites : l’entrepreneur est uniquement tenu de tenir un « livre journal » de ses recettes, un registre annuel de ses dépenses et de conserver toutes les factures d’achats, ventes, prestations…
- les déclarations administratives sont également réduites : et se résument à une déclaration de revenus (cerfa n°2042). Ils y noteront leur CA (BIC) ou leur recette (BNC) ainsi éventuellement que les plus ou moins values réalisées ou subies au cours de l’année.
Passons maintenant à l’auto-entrepreneur. Je consacrerai très rapidement un billet à ce nouveau statut. Regardons simplement le régime fiscal de cette nouvelle corporation en comparaison avec la micro-entreprise.
Pour devenir auto-entrepreneur, il faut d’abord répondre aux conditions du régime fiscal de la micro-entreprise, donc être un entrepreneur individuel et non une société et réaliser un chiffre d’affaires ne dépassant pas le seuil fixé par la loi de finance 2009. L’auto-entrepreneur est donc exonéré de la TVA.
Jusque là c’est kif kif… Le plus de ce régime est pourtant important : un auto-entrepreneur qui n’encaisse rien, ne paye rien !! En effet, il acquitte ses charges forfaitairement au mois ou au trimestre uniquement sur le CA encaissé. Premier et grand soulagement… pas d’argent à sortir quand il n’y en a pas qui rentre… pour une fois on va dans le bon sens !
Le régime fiscal est donc découpé selon le même principe que pour la micro entreprise, avec les mêmes catégories professionnelles, les mêmes seuils de CA, mais le forfait des charges lui est différent et surtout bien plus intéressant :
- Les Professions Libérales (dépendant de la caisse CIPAV) sont soumises au régime BNC, le seuil de leur CA reste de 32 000 €uros. Le forfait de charges passe à 20.5% (18.3 pour les charges sociale et 2.2 pour l’IR*)
- Les Entrepreneurs « de service » sont soumis au régime BIC, le seuil de leur CA reste également de 32 000 €uros. Le forfait de charges passe à 23% (21.3 pour les charges sociale et 1.7 pour l’IR)
- Les Entrepreneurs « de commerce » sont soumis eux aussi au régime BIC, et le seuil de leur CA est toujours de 80 000 €uros. Le forfait de charges passe à 13% (12 pour les charges sociale et 1 pour l’IR)
À noter que l’auto-entrepreneur est affilié à la sécurité sociale des indépendants et valide des trimestres de retraite. Il est possible d’opter pour le prélèvement de l’impôt sur le revenu directement à la source sous certaines conditions (en référence avec l’impôt du foyer fiscal). Cette option entrainera un nouvel avantage fiscal : l’exonération de la taxe professionnelle pendant 3 ans ! De même, les créateurs bénéficiaires de l’ACRE et entrant dans le régime de la micro entreprise ou l’auto-entrepreneuriat seront exonérés de TVA sur 3 ans et non sur un an.
Autres différences : l’auto-entrepreneur ne s’immatricule pas au RCS (frais en moins 250 €uros quand même) et donc il est dispensé du fameux stage de création d’entreprise (encore 250 €uros économisés).
Je sens qu'il ne reste plus beaucoup de Doliprane dans les boites... alors passons rapidement en revue les autres régimes existants :
La SARLU et l’EURL seront tributaires du régime fiscal relevant de l’IR. Toutefois elles peuvent opter pour IS* sachant que ce choix est irrévocable. Toutes les autres sociétés sont soumise à l’IS sans possibilité de passer à l’IR sauf pour la SARL de Famille si elles exerce une activité industrielle, commerciale ou artisanale.
Alors ça c'est résumé !!! Vous imaginez si j'avais fait pareil pour la micro ? 4 lignes et hop ! un billet !
J’imagine que tout cela vous semble abstrait à souhait… pour vous aider, la prochaine fois je vous donnerais de nouvelles indications.. Tenez le coup ! Reste à parler des régimes réels, réels simplifiés, mini réels… le régime social … et après ? Je me demande si je ne vais pas faire une série de billets sur les régimes hypocaloriques, californiens, ananas et yahourt… parce que là on arrive bientôt aux beaux jours !!
Glossaire :
BNC = bénéfices non commerciaux
BIC = bénéfices industriels et commerciaux
IR = Impôt sur les Revenus : L’impôt sur le revenu est un impôt direct qui s’applique aux revenus des individus, des entreprises et des autres entités légales similaires. Il peut être progressif, proportionnel ou régressif. Pour les entreprises, cet impôt ne doit pas être confondu avec l'« impôt sur les sociétés ».
IS = Impôt sur les Sociétés : L’IS est un impôt sur le revenu des entreprises. Il existe dans la majorité des pays. Son assiette est en général constituée du bénéfice ou de l'excédent brut d'exploitation des entreprises. Les taux d'imposition dans le monde (en) sont différents et varient généralement entre 0 % et 45 %. Le taux normal de l'IS est de 33 1/3 % ; toutefois, si le CA HT de l'entreprise est inférieur à 7 630 000 € HT, celui-ci est réduit à 15 % du résultat et limité à 38 120 € HT (source Wikipédia)
à lire aussi sur Wikipédia : l'Entreprise










Commentaires
Pour l'instant, je suis .... je ne sais plus si tu l'as dit mais c'est combien le plafond du CA pour l'autoentrepreneur ?
en tout cas tu expliques bien !
Mince !
Est-ce que j'ai bien compris ?
J'ai relu le paragraphe plusieurs fois.
On ne peut pas être un auto-entrepreneur « de commerce » en achetant des livres puis en les revendant.
" la production littéraire ".
Mais Pourquoi ?
@ Carole : visiblement tu n'as pas si bien suivi que ça
la réponse est juste au dessus de toi !
@ Carlos : certaines professions sont interdites en auto-entrepreneur soit parce qu'elles dépendent d'une TVA spéciale (immo ou agricole) soit parce qu'elles sont soumises à garantie financière (assureur, immo). Moi aussi la "production littéraire" m'a surprise... d'autant qu'il est noté : production littéraire scientifique ou artistique... (tu peux donc faire de la prod porno
) Par production litéraire j'imagine que l'on entend "édition" ? je n'ai pas trouvé l'explication, je fouille et dès que je l'ai je te le fais savoir.
je vais consacrer un billet complet à l'auto-entrepreneur, d'ici là...
merci à tous les deux
32 000 ou 80 000 euros, c'est ça ? Excuses je suis un peu dure d'oreille ...
Très intéressant.
Même s'il faudra que je le relise plusieurs fois pour être sûr d'avoir bien tout intégré ! ^^
Bon, du coup, tu as pris un MAC?
::-D
Sans rire, j'ai eu l'impression de débarquer sur le site de gouv.fr
Tu sais, ne sois pas fâchée, ça reste quand même de l'hébreu pour moi. Enfin non ... l'hébreu, je le comprends. Disons du sanscrit !!
Pour le fun, tu n'as pas potassé le portage salarial par hasard ? En démarrage, ça me paraît un bon plan, même s'il faut leur donner 10 %. Ca laisse le temps de se consacrer à son activité pleinement sans avoir à perdre 1/3 du temps sur de l'admnistratif (au risque de faire des conneries). Je m'y intéresse en ce moment, en prestation de service comme je souhaiterais le faire (avec en plus une activité de formateur vacataire), je pense que ni le statut d'auto entrepreneur, ni celui de la micro entreprise ne pourraient convenir.
Courage ...... l'été arrive, on frise les 18° C en journée
Bon je sais, c'est chiant... mais c'était le plus rébarbatif...
@Pascale : nan ! fidèle au PC !! un superbe 17'' avec deux cerveaux piqués sur Star Trek, un design noir laqué à faire pâlir Valérie Daminot, une qualité d'image et de son impressionnante
@France : attention ! j'ai assisté à une conférence sur le portage salarial. intéressant en effet pour les raisons que tu évoques, mais...
1/ renseigne toi bien car les porteuses affirment toutes que tu es couverte comme une salariée et que tu bénéficie du chômage... renseignement pris à Marseille, les Assedic refusent d'indemniser les portés, décision qui semble être différente en fonction des régions.
2/ un auto entrepreneur ne reverse que 23% en charges alors que le porté salarié reverse 10% à 15% de commission + 40% de charges... la démonstration nous a été faite pour 1000 euros où il ne nous restait que 480 euros contre 770 pour un auto entrepreneur.
à étudier très attentivement donc...
ici aussi temps estival : 16° à l'ombre cet aprèm...
Je sais Nathalie ... ce n'est pas la panacée. Encore que j'ai cru comprendre que les charges étaient déductibles. Dans les 2 autres formes juridiques, c'est le montant du CA max qui me gène. Et que se passe-t-il quand l'activité s'accroît et qu'il faut migrer vers un statut plus établi du genre SARL/EURL. J'ai rendez-vous avec une consultante qui m'a proposé de me faire un retour sur sa propre expérience. Pas facile quand on vend sa matière grise. (naannn ... je ne veux pas entendre de commentaire !!!!!)
Bonjour,
Pour les activités libérales (non réglementées, naturellement), le portage salarial peut constituer une formule plus avantageuse qu'on ne le pense. Car avec des cotisations réduites, l'auto-entrepreneur fournit des prestations réduites : on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre ! (voir lien ci-dessous).
La combinaison des deux statuts (entrepreneur individuel et salarié "porté") est possible et utile dans certains cas. Pour en savoir plus, lire ceci : http://www.aquitaine-itg.fr/Pour-qu...
@Patrick : merci infiniment de votre passage par ici et surtout de cet avis très éclairé. Il est important d'avoir le maximum d'informations et celles-ci vont très certainement aider France qui est d'ailleurs dans votre belle région !!
Accepteriez vous de publier ici un billet sur le portage salarial et ses avantages combinés avec l'entreprenariat ?
@France : le montant du CA max est en effet un peu gênant... il faut juste que cette structure te serve de tremplin. L'important pour démarrer est de ne payer de charges que si tu travailles, ce qui ne sera pas le cas en SARL ou EURL... On t'accorde un petit dépassement au delà des 32 000 euros mais c'est pas avec ça que tu vas sucrer les fraises (j'aime pas les épinards, même au beurre)
le passage du statut auto entrepreneur à celui de SARL ou EURL peut se faire vraisemblablement à moindre mal à la fin d'une année.
J'avoue qu'il y a encore pas mal de nébuleuses autour de l'auto entrepreneur. je lis beaucoup au cours de mes surfs et aucun ne dit la même chose !! mais j'avance... j'avance...
Bonjour,
merci pour cet article!!
J'ai une question:
que faut il faire et comment fait on pour passer d'un statut auto entrepreneur à une SARL????
J'ai cherché mais rien...
Bonjour Guillaume, et merci de ta visite.
Visiblement, le passage se fait tout simplement en te rendant à la CCI et en signalant le changement. Biensur tu vas passer par quelques formulaires, quelques cases à cocher... bon courage !
et tiens nous au courant !
à très bientôt ici ou ailleurs