D’abord parce que c’était simple : pas besoin de m’inscrire au registre des commerces ou des métiers, donc économie de 250 euros de frais d’enregistrement (pile poil le prix de la business sacoche Le Tanneur qui me fait de l‘œil depuis hier dans ma galerie marchande préférée). Et puis, pas besoin de me déplacer, je m’inscrivais directement sur le portail prévu à cet effet. Bon d’accord, on coche quand même quelques p’tites cases…

Ensuite parce que c’était… simple : pas de CA --> pas de charge, tandis que si j’avais une société, le forfait des charges avoisine quand même les 6500 euros par trimestre, CA ou pas ! Alors bien sur vous allez me dire que si je me mets à mon compte c’est quand même pour faire du CA… Entièrement d’accord, mais vous avez déjà vu vous beaucoup de clients qui paient contents comptant ? Je fais quoi moi pendant les 60 jours fin de mois le 10 à minuit ? Et sortir 6500 euros dès le 90ème jour, pas toujours facile...

Et puis c’était … simple : pas de capital social à constituer ou à emprunter, donc pas besoin de me fâcher avec la moitié de ma famille avec laquelle je n’étais pas encore fâchée ;-) Un petit passage chez le notaire s’impose quand même pour protéger les acquis personnels au cas où.

calculatriceEt finalement c’était…. simple : pas de TVA. A noter, que certains métiers sont interdits, généralement ceux qui dépendent d’une TVA particulière (TVA immobilière), ceux qui nécessitent une garantie financière (assurance, finance…) et les activités de production littéraire et artistique parce qu’elles bénéficient de droits particuliers (droit d’auteur). De toute façon, les entreprises regardent uniquement le HT donc… Quant à moi, si je ne récupérais pas la TVA, ce n’était pas trop grave mon activité étant exclusivement cérébrale, pas d’achat de matière (non grise) si ce n’étaient mes propres frais. Mais quand on est salarié, on a aussi des frais (trajet + restauration) pas toujours pris en charge par l’employeur. Then… pas de Taxe Professionnelle non plus l’année de la création de l’entreprise et sous conditions les deux années suivantes.

« Le statut de l’auto-entrepreneur permet à une personne physique, qu’elle soit salariée, demandeur d’emploi, retraitée, fonctionnaire ou étudiante d’exercer une activité indépendante : commerciale, artisanale ou libérale, à titre principal ou complémentaire et dans la limite d’un chiffre d’affaires ». Jusque là, tout va bien… je suis une personne physique demandeuse d’emploi. La limite du chiffre d’affaires ne m’inquiètait pas, ne dit on pas « qui va sano va piano » ? Si je dépassais ces 32 000 euros limités alors, d’abord ce serait une bonne nouvelle, ensuite il serait toujours temps de changer de statut en route pour m’adapter. Maintenant regardons les choses en face, si je cherchais un emploi salarié, combien d’employeurs pourraient encore me proposer 32 K€ an ? Jetez un œil sur les propositions et vous comprendrez… (chargée de com à 8€40/h … webmaster à 11€/h… community manager 22 K€/an… oui je sais c’est déprimant, abusé, grave…)

Tiens d’ailleurs, en parlant de salaires, l’auto-entrepreneur bénéficie d’un régime social simplifié avec donc une protection sociale et la validation des trimestres de retraite et d’un régime fiscal simplifié avec le versement d’un impôt sur le revenu. Le montant des charges sociales est égal à 12% pour une activité d’achat/revente et 21,3% pour une activité de prestations de services. Ce à quoi on va rajouter 2.2% pour l’impôt sur le revenu et voilà des charges limitées à 23.50%. Jusque là je suivais…

Pardon ?

CorridaAh oui, vous aussi vous avez remarqué que j’employais l’imparfait… Est-ce à dire que le statut est imparfait lui-même ? à voir… Toujours est-il que mes différentes discussions avec d’autres entrepreneurs, mes lectures sur le sujet m’amène aujourd’hui à une nouvelle phase de réflexion, surtout à la suite de la parution d’un billet éloquent sur le blog d’Ange Zanetti suivi de très près par un débat sur le Hub Viadéo de Gwenaëlle G. La donne a visiblement changé pour les auto-entrepreneurs allocataires du chômage… jusqu’au prochain changement…

Et puis, il y une petite idée qui germe dans un coin de ma tête depuis que je lis consciencieusement le blog de Stéphanie Will et surtout son guest billet chez Corinne de Tout pour Elles… Coïncidence, ma visite au salon Génération Entreprendre m’a permis de découvrir les couveuses d’entreprises… Début de la séduction…

La semaine dernière, mon accompagnatrice Nacre me suggérait également cette solution… Pix-Elle confirmait l’idée, Akostic m’encourageait … Début de la réflexion

Être couvée n’est pas un statut comme auto entrepreneur, c’est juste une phase de lancement, c‘est oser entreprendre en toute sécurité. Une couveuse est une organisation dont l’architecture tutorale permet de tester notre projet en bénéficiant d’un hébergement juridique, en conservant son statut social et ses revenus durant la phase de test. Me permettre, pendant 3 mois, de monter mon projet, être accompagnée dans chaque phase jusqu’au lancement, l’esprit atelier, groupe me tente assez. Ensuite me lancer dans mon entreprise sous « tutelle » toujours accompagnée et ne choisir finalement mon statut que dans 6 mois ou un an… pourquoi pas. J’y vois de la sérénité, de la sécurité, du bon sens…

Peut être que mon prochain billet sera donc en direct d’une couveuse ?