Business Plan 1ère partie
Par NatCordeaux le lundi 8 juin 2009, 07:55 - Chroniques de BJC - Lien permanent
« C’est super simple de devenir auto entrepreneur, pourquoi tu t’emmer** à faire un business plan ? Tu perds du temps… En plus tu vends ta matière grise, alors franchement t’as pas besoin de l’Accre et autres subventions ! » Oui c’est en effet très simple de devenir auto entrepreneur et c’est tout aussi simple de ne plus l’être. S’inscrire au registre est une chose, travailler en est une autre et perdurer est le plus difficile.
Pourquoi je perds du temps avec mon business plan ? C’est très simple : être sûre que mon projet est viable, valider chaque étape de mes démarches, cibler ma clientèle, repérer mes concurrents, mettre à plat tous les problèmes, envisager les réajustements nécessaires, établir mon offre… Tout ce qu’il faut pour ne pas partir à l’aveuglette et me prendre le premier mur de pneus dans le premier virage sans avoir eu le temps de passer la seconde (#F1
)
Pourquoi je suis le programme Naccre ? Parce que les aides ne sont pas à négliger : les prêts bien sur (même si la matière grise est gratuite, reste le PC, les logiciels, le mobilier, les divers abonnements…), mais aussi les exonérations de charges sociales, celles de la TVA ou de la Taxe pro (jusqu’à 3 ans d’exonération). L’argent est quand même mieux dans votre poche non ? Vous aurez tout le temps de payer votre dime à l’Etat, ne vous inquiétez pas…
Et justement, pour mettre toutes les chances de mon côté et présenter un dossier Accre qui tienne la route, je m’y prépare avec un mémo en bonne et due forme à destination de la commission d’attribution dont je vais vous présenter le premier volet : l’adéquation entre le projet et le candidat.
Ce premier volet permettra à vos interlocuteurs de faire connaissance avec vous : qui êtes-vous ? Que faite vous ? Pourquoi ce projet ? Le tout sans jamais perdre de vue que le contenu doit être en adéquation.
Imaginez que vous soyez Développeur et que vous vouliez devenir Chippendale ou que vous rêviez de transformer la carrosserie de papa en boucherie, cela peut surprendre… et pourtant, vous êtes convaincu que cela va marcher, parce que le week end vous jouez les Chippendale pour les anniversaires des copines ou que vous adorez découper la barbaque du barbecue familial dominical. Et bien il va vous falloir convaincre la commission que vous êtes fait pour votre idée !
1/ présentation du candidat (1 page suffit)
Passons sur la première de couv, la table des matières et allons directement à la « présentation du candidat » une petite introduction qui n’est pas sans rappeler la rubrique « savoir être et savoir faire » de votre CV, une présentation personnalisée de votre moi suivie d‘un état civil rapide (âge, nationalité, adresse, tel et mail, site) et éventuellement de votre photo.
Ceci fait, on attaque la première partie qui sera consacrée à votre capital professionnel.
2/ votre capital professionnel (2 pages suffiront)
Le désir d’entreprendre et la bonne volonté ne suffisent pas pour réussir, il vous faut quelques bases professionnelles
En règle générale, votre envie de devenir entrepreneur est dans la continuité de votre parcours professionnel, donc il s’agit de mettre en avant votre expérience et votre expertise acquises tout au long de votre cursus sans perdre de vue l’adéquation avec votre projet (ne vous attardez pas sur les jobs d’été et autres stages sauf s’ils ont un lien direct avec votre projet). Deux de choses l’une, soit vous détaillez et remaniez votre CV de façon à mettre en avant vos points forts, soit vous l’incluez tout simplement parce qu’il est à l’image et dans la continuité de votre projet.
Mais une vocation soudaine pour la boucherie alors que vous êtes carrossier va forcément dérouter. Votre CV va forcément détonner. Alors mettez en avant vos expériences de gestion, vos missions, vos projets d’entreprise de nature à démontrer que vous avez quelques atouts pour devenir chef d’entreprise. Laissez de côté le barbeuc dominical, vous en parlerez dans l’autre partie.
Pensez à indiquer vos formations et stages liés au projet, ainsi que vos compétences techniques, informatiques ou la maitrise d’outils particuliers. N’hésitez pas à indiquer vos réalisations, vos projets d’entreprise.
Maintenant que vous avez décrit vos compétences / expériences / formations, la prochaine étape, très importante, est de décrire votre projet.
3/ L’idée projet
Dans cette partie, vous allez expliquer comment vous en êtes arrivés à envisager cette activité, quels objectifs vous poursuivez en créant cette entreprise et vous allez expliquez votre concept.
Commencez par ce point justement : exposez en 5 lignes maxi l’objet de votre nouvelle entreprise, l’énoncé de votre activité.
Puis racontez la genèse de votre idée. Cela peut être un constat, une expérience, la copie d’une activité existante… Comment l’idée vous est venue ? Replacez là dans le contexte économique et social. L’idée est de pas laisser entrevoir que vous vous êtes levé ce matin avec le leitmotiv « I have a dream ».
Nous arrivons ensuite à vos motivations (et vous avez tout intérêt à être motivé !!) Une lettre de motivation en quelques sortes. J’ai envie de le faire parce que… Je sens que je vais y arriver parce que… je suis faite pour ça, la preuve…
Si votre projet est un tant soit peu novateur, n’hésitez pas à ajouter un nouveau paragraphe avec sa définition car si vous maitrisez parfaitement votre domaine, votre technique, vos interlocuteurs eux ne sont pas forcément avertis. J’en ai eu l’expérience avec le blog corporate qui je dois dire me vaut quelques regards de merlan frit… J’ai donc ajouté « qu’est-ce qu’un blog » (et oui ! y’en pour qui c’est encore inconnu !) « qu’est ce qu’un blog corporate » (et là, je vous passe les regards dubitatifs…)
Votre capital professionnel est bien sur essentiel mais on a tous un capital personnel à exploiter.
4/ Votre capital personnel
Est-il besoin de vous rappeler que devenir chez d’entreprise ne nécessite pas que des compétences, il vous faudra aussi de la patience, de la conviction, du talent, du réseau… autant d’atouts personnels.
Si vous avez une passion, un hobby, une activité extra professionnelle en corrélation avec votre projet, allez-y, foncez ! C'est le moment d'indiquer que le soir venu, après votre journée de garagiste, vous fabriquez des saussices dans l'arrière boutique et que vous découpez l'agneau (pôv'bête) comme personne. Ou que vous faites du culturisme et de la gogo danse pour entretenir ce corps d'athlète et l'offrir lors des soirées d'enterrement de vie de jeunes filles depuis déjà 10 ans...
Si vous pouvez compter sur un réseau personnel ou professionnel, indiquez-le. De même le soutien de votre entourage familial est important : Gentil papa vous offre sa carrosserie pour monter votre boucherie ? Mamy a adoré votre prestation de Chippendale pour les 20 ans du club de bridge et est prête à vous aider financièrement ? Votre petit ami est Webmaster et vous aidera dans la création de votre site ? notez tout !
Cette partie vous permet aussi de vous interroger sur vos priorités et leur compatibilité avec les exigences de votre entreprise : pourrez vous dégager du temps ? des revenus incertains peuvent-ils mettre en danger votre famille ? Même si vous n’indiquez pas noir sur blanc cette réflexion, elle est importante et va vous permettre de mettre à plat la conclusion de cette première partie : votre bilan perso.
5/ Bilan personnel
Vos interlocuteurs connaissent maintenant vos acquis. C’est le moment de faire une « to be list » avec un tableau « vos atouts » et « vos manques » pour récapituler tout ça. Soyez honnête dans vos manques, on ne peut pas être bon partout… qui plus est cela vous permettra de cibler les aides ou formations dont vous pourriez avoir besoin avant de vous lancer et de profiter de l’Accre justement pour y remédier.
Un dernier conseil, n’oubliez jamais que celui ou celle qui lira votre prose n’est pas forcément un as du web, un garagiste dans l’âme ou une scientifique contrariée. Pensez donc à utiliser un langage simple et accessible, au pire faites un glossaire et si votre projet est novateur ou pointu, n‘hésitez pas à rajouter un paragraphe pour l‘expliquer.
Pour ma part, j’ai d’abord monté cette première partie sans expliquer ce qu’était un blog entreprise et un blog tout court et vu la tête de mon interlocutrice, j’ai remanié très vite mon plan. J’ai aussi expliqué ce qu’étaient des DiggLike, des MétaBlog et même le fonctionnement de Viadéo… Et oui… on a du mal à le croire, mais nous ne sommes pas tous plongés dans la même virtualité
En un mot, dites vous que votre lecteur n’y comprend rien de rien et mettez vous à son niveau !
Pour finir, un grand merci (encore, oui je sais) à Christophe qui m’a aidé à y voir plus clair et qui m’a apporté d’excellents conseils. Pour la seconde partie, qui concernera l'adéquation de votre projet avec le marché, je vous donne RDV dans plusieurs semaines ! C'est l'étape la plus longue et la plus difficile !
Ah ! j'oublais, un business plan n'est pas uniquement utile qu'à un auto etrepreneur... toute crétation d'entreprise devrait passer par cet intermède !










Commentaires
Excellent billet qui devrait en aider plus d'un. Ces Bussiness plans sont effectivement déterminants pour la suite, ça vaut la peine d'y passer du temps et même si on le réalise uniquement "pour soi" pour structurer sa démarche.
Bon tour d'horizon. Personnellement je m'étais ajouté pour mon privé, un tableau de mes projets dans 10 ans, dans 1 ans dans 6 mois, avec, à toutes ces étapes les moyens et échéances pour y parvenir et les résultats à court terme et moyen terme sur moi, ma famille, mon entourage... Certains points loupés ont été contournés, d'autres se sont perdus ! Mais j'avais démarré très fort ...
je vais suivre de près désormais tes articles. je n'en suis quà la génèse d'un projet. hum... enfin, même pas. j'ai envie, c'est tout. donc, toutes ces infos doivent faire leur chemin dans ma tête. merci pour ce partage.
Ah ba oui, c'est sûr qu'un business plan est utile, même obligatoire
Bien mal informé celui qui te dira le contraire ! Et j'imagine bien le décalage avec les interlocuteurs
Un digg-like ? Ba c'est un outil de partage à la manière d'un site de socialbookmarking, idéal pour générer des backlinks pour faire augmenter son PR et in fine accroître son nombre d'abonnés RSS. D'autyres questions ?
Bonjour Nath,
Je suis ravi que le temps passé à relooker ton business plan et nos échanges puissent terminer sur ce billet très complet. Je reste toujours à ton écoute si tu en as besoin.
Cordialement
Business plan, normal. Même pour une toute petite activité. A défaut de poser les choses, ça pose les idées et pour beaucoup, c'est un grand pas.
Notre Modérateur dit : "Un digg-like ? Ba c'est un outil de partage à la manière d'un site de socialbookmarking, idéal pour générer des backlinks pour faire augmenter son PR et in fine accroître son nombre d'abonnés RSS." .... Heeeuuuu ... Et la marmotte avec son papier d'alu se gratte la tête
Comme tu dis France, la marmotte peut se gratter la tête ...
Parce que là je n'ai rien compris. Pourtant ça à l'air Hyper intéressant !!!!
Bzness Plan Ok mais il ne faut pas oublier que tout est basé sur de la supposition, même avec une étude de marché, même avec des stat sur des jobs similaires, même avec un expert comptable qui sait placer les chiffres là où il faut..
Si tu n'as pas de bzness ton plan est à l'eau.
Martinencampagne,
L'étude de marché est loin d'être basé sur des suppositions, le marché est une réalité. Les seuls points de suppositions sont les chiffres que l'on souhaite réaliser, d'ou l'importance d'une bonne étude pour être le plus proche de la réalité.
Cordialement
Bon courage avec le business plan !!! Tu as déjà choisi le statut d'auto-entrepreneur ou s'agit-il d'un tremplin pour basculer ensuite sur une EURL ou EI ?
@Véronique : merci
@André : J'aurais aimé pouvoir faire ce tableau mais j'avoue que j'ai du mal à me projeter autrement que sur le plan de l'entreprise et donc j'attends d'avoir fait l'étude de marché pour le faire. Et pour ce qui est de la suite, je pense qu'un bon accompagnement post créa est important et c'est aussi l'avantage de l'ACCRE ou de la couveuse.
@Arf : comment ça ?? que lis-je ?? tu ne lisais pas de très près mes billets ?? rhooo... Aimerait en savoir plus sur ton idée... on en parle au #PicNicMarseille ??
@Moderateur : wow ! là je crois que c'est Ste Anne direct ! non, j'ai employé des mots simples, communs, je dirais même basiques... et ils n'ont déjà rien compris... alors imagine avec ta définition !!
@Christophe : billet qui s'appuie très fortement sur tes conseils
merci à toi !
@France : Aller, courage ! après Twitter les DiggLike ! dans le sillon du Modérateur tu iras... avec ou sans papier d'alu !
@martinencampagne : bonjour et bienvenue par ici !
je suis d'accord avec "sans business le plan tombe à l'eau" mais je ne suis pas d'accord avec la notion de supposition. L'étude de marché quand elle est bien faite est basée sur de l'existant. Elle te permet de prospecter, d'appréhender ton marché, viser tes clients... elle est donc source de business
@Christophe : bah voilà c'est ceque je disais ! merci
@analas : bonjour et bienvenue par ici ! merci beaucoup de tes encouragements.
J'ai choisi le statut d'auto entrepreneur comme tremplin en effet. Il semblerait que de toute façon, un nouveau décret limite bientôt l'utilisation de ce statut à 3 ans. Je pense que c'est une bonne solution pour lancer son entreprise. On dit souvent que les 3ères années sont les plus difficiles et que le nombre de dépots de bilan à A+3 est très important. être suivie post création est important, l'Accre apporte aussi cela. Je ne sais pas encore vers quel statut je bascuerai... SARL ou EURL... là un comptable sera utile
Un billet très instructif, car oui c'est tellement simple de devenir auto-entrepreneur : on n'a aucun suivi, aucune ressources et on peut s'établir sans aucune certification ou diplôme... ça fait un peu peur !
M. Le Secrétaire d'état chargé du commerce est tellement pressé d'afficher de bons chiffres pour ce nouveau régime qu'il oublie de communiquer sur le nombre d'auto-entreprises qui ne décollent pas...
Le BP est incontournable;
car s'il est nécessaire de convaincre en vendant son projet tout en s'appuyant sur sa personnalité et ses motivations qui doivent être en adéquation avec le projet,
le prévisionnel et la simulation des exercices sont là pour clore la boucle; un BP, ça se vend aussi auprès d'un banquier ou organismes cautionnaires.
De plus, il est important pour soi-même de savoir où on va tout en se familiarisant avec des comptes d'exploitation.
Ma aussi suis en plein dedans
Mmh? info qui m'intéressent aussi fortement, mais applicables pour ma part dans une dizaine d'années.
Cepdendant, je sais à quoi m'attendre maintenant !
Merci merci
@Priscilla : 150 000 auto entrepreneurs enregistrés dès le premier trimestre 2009.... seuls 10 000 d'entre eux ont enregistré une déclaration de charges auprès de l'Urssaf... no comment !
@Pascale : ta aussi t'es en plein dedans ?!? ouh là ! ça fait longtemps qu'on s'est pas eu au téléphone !!
@Pauline : pourquoi 10 ans ? des projets avant ou un manque d'assurance ? Je crois qu'il faut plonger quand on le sent... pas d'échéance, de planning... ça sera peut être 8 ans ou 12 ans
Je me suis permise d'utiliser ton billet pour un tuto sur la synthèse automatique dans word. Il était parfait pour faire ma démo. Je t'ai citée comme il se doit et j'espère que tu ne m'en voudras pas.
@Analas : avec grand plaisir ! c'est d'ailleurs là pour ça aussi ! partage avant tout ! merci à toi de cet intérêt et très bon WE.