« il permet de faire baisser le taux du chômage »
N’en déplaise aux statisticiens, je suis AE et pourtant toujours chômeuse ! Tous les mois depuis le premier jour de mon parcours de créatrice d’entreprise j’ai pointé « oui je cherche toujours un emploi » tout en étant en formation (condition du Nacre et contrat Cape) et aujourd’hui que je suis officiellement immatriculée je continue de pointer pour conserver mes allocations ! Point de baisse je n’entraine !

« ces "auto-entreprises" ne sont même pas considérés comme de réelles entreprises, selon la définition européenne. Une entreprise est une entité collective qui évolue sur un marché concurrentiel et créé des emplois. »
J’évolue sur un marché concurrentiel que j’ai étudié pour mon business plan, je suis donc une entreprise. Je ne crée en effet pas d’emploi à proprement dit mais j’ai des partenaires, eux aussi AE et je collabore avec eux régulièrement je suis donc une entité collective.

« Les AE n'ont généralement pas vocation à s'agrandir »
Nombreux sont les AE qui se servent de ce régime comme tremplin. L’intérêt n’est pas de rester AE trop longtemps… Tout le mal qu’on puisse nous souhaiter c’est de réussir à dépasser très vite le seuil des 32 600 €uros de CA et de filer droit vers la création en Société. Saviez-vous par exemple que si vous créez votre Société à partir du régime de l’auto-entreprise et sous certaines conditions, le CA que vous aurez réalisé en tant que AE deviendra partie de votre capital ? Une bonne raison pour grandir...

« on donne aux gens l’illusion de créer une véritable entreprise »
Mais j’ai créé une véritable entreprise et je la gère comme telle !! J’ai un numéro de Siret, une marque déposée, des charges à payer, des objectifs à réaliser. J’ai fait une étude de marché, j’ai posé les fondations de mon activité… J’ai les mêmes responsabilités, les mêmes droits, les mêmes devoirs que tous chefs d’entreprise. J’ai juste eu plus de facilités à monter la mienne et j’en aurai aussi pour la fermer si cela ne marche pas… oui parce que j’ai aussi les mêmes risques ;-)

« De plus ce statut a complètement détricoté le droit du travail : ceux qui l'ont adopté sont travailleurs indépendants, ils n'ont donc plus droit aux 35 heures, ne cotisent pas au chômage, n'ont plus de congés payés... »
Mais que vient faire le Droit du Travail dans ce débat ?!? Ne faisons pas d’amalgame… Laure Gryncbaum parle de travailleurs indépendants, je préciserai TNS (Travailleurs Non Salariés) et cela veut bien dire ce que cela veut dire « non salarié » ! De fait le Droit du Travail ne nous concerne plus ! Nous ne détricotons rien, nous laissons le Droit du Travail aux salariés concernés et à aucun moment notre condition d’AE n’a d’incidence sur celui-ci ! Salarié tu peux dormir tranquille…
Tout Chef d’Entreprise (sauf certains cas bien précis comme gérant salarié) renonce en tout état de cause à ses privilèges de salarié (si on peut parler de privilèges… mais là c’est un autre débat) et n’est donc plus concerné par le Code du Travail et ses droits (à moins qu’il n’embauche un jour) Certes un Chef d’Entreprise n’a pas de congés payés, mais cela ne l’empêche pas d’être en vacances… Certes il n’a pas non plus droit aux 35h, parfois il en fait moins, parfois il les fait en une journée ! Quant au chômage… restons positifs !

« 20% ont déjà changé de statut car ils avaient atteint un chiffre d'affaires supérieur à 27 000 euros (ndlr : au-dessus de ce chiffre d'affaires, les auto-entrepreneurs sont contraints de changer de statut) »
Non un AE n’est pas contraint de changer de statut régime à partir d’un CA de 27 000 €uros… En 2011, il pourra faire jusqu’à 32 600 €uros de CA et d’ailleurs faire ce chiffre n’entraîne pas systématiquement un changement de statut régime puisqu’une marge de 10% est tolérée…

« ces personnes auraient sûrement tout aussi bien réussi avec un vrai statut. »
Un « vrai » statut… Commençons par regarder l’AE comme un « vrai » chef d’entreprise. Et puis d’abord, j’ai un vrai statut : je suis profession libérale, comme mon Docteur, mon Avocat !
Réussit-on son entreprise grâce à son statut, son régime ou grâce à ses compétences, à sa bonne étude de marché, sa prospection, son offre commerciale ? Faire croire que du statut ou du régime dépend la réussite de son entreprise est un leurre...
En revanche, un AE aurait-il plus de chance de pérenniser son entreprise sous forme de SARL ? Tout dépend : de son activité, de ses besoins en matériel, en financement, de sa situation fiscale et sociale personnelle, de sa situation maritale… Autant d’activités et d’entrepreneurs que de réponses ! Pour ma part, je n’ai pas de patrimoine à protéger, pas de besoin de matière première (autre que de la grise), pas de besoin en financement… Je démarre, pas forcément les moyens de payer des honoraires comptables, des honoraires pour des statuts (…) pas envie non plus de passer mon temps en intendance, plutôt le consacrer à mon activité, à ma prospection…

En conclusion Pourquoi autant de mépris autour de ce régime ? Si ce n’est une attaque politique rangée… Y-a-t-il eu autant de tollé autour du régime de la Micro-Entreprise ? Les professions libérales sont-elle si peu crédibles ?
J’ai choisi d’être AE en tout état de cause et je suis fière de mon régime ! Je le recommanderai à tous ceux qui démarrent et plus particulièrement dans une activité de services. Associé aux avantages de l’Accre, il permet de payer bien moins de charges que n’importe quel autre régime. Associé aux programmes tels le Nacre, il permet d’être accompagné, de se former et de ne pas être seul(e) dans son parcours de création puis entrepreneuriat.