Impayés, version amiable
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Comment ça ? Vous avez tout bien fait, vous avez tout blindé comme je vous l’avais préconisé dans mon billet précédent et pourtant ils vous ont quand même planté ?!? Et oui… je vous l’avais dit, cela va vous faciliter la vie, vous donner une chance supplémentaire de récupérer votre argent, mais cela ne vous protègera pas contre l’impayé, malheureusement…
Vous voilà donc devant votre facture qui traine. Un bon conseil, ne la laisser pas trainer longtemps !
D’abord pour info, sachez que depuis 2009, grâce à la loi de modernisation de l’économie, le délai de paiement ne peut plus dépasser 60 jours. Donc n’hésitez pas à refuser des délais de 90 jours, voire 120, à l’ancienne. ça c'est fait.
Ensuite, même si 1 facture sur 2 doit être relancée, gardez quand même en tête que tout retard de paiement n’est pas forcément un impayé mais peut être juste un retard. Ceci pour dire de ne pas stresser tout de suite (vous aurez bien le temps) et de ne pas agresser le client à J+1 date de facture.
Quand relancer alors ? 10 à 15 jours, non pas après la date d’émission de la facture, mais après la date d’échéance, celle à laquelle vous auriez du être payé. Je pense même personnellement que 15 jours c’est déjà beaucoup trop…
Commencez par un contact sympathique, on ne va pas l’agresser tout de suite, peut être que la facture n’est jamais arrivée, qu’elle est perdue ou tout en dessous de la pile, ou encore tout simplement sortie de la tête du comptable. Un coup de téléphone « vous pensez à ma facture ? » suffira parfois à relancer la machine à faire des chèques. Mais restez vigilent et ne vous contentez pas d’un « j’y pense ! ». Posez avec le client une date de réception du chèque à respecter et pensez bien à noter le nom de votre interlocuteur, le jour et l’heure de l’appel sur un coin de votre copie de facture.
Je vous invite à lire ce billet de Sandra sur comment relancer au téléphone et poser les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses.
On vous a promis un paiement rapide et toujours rien ? Ne tardez pas, formalisez les choses par un petit mail sans agressivité avec en pièce jointe la dite facture. Un mail qui rappelle que cette facture est toujours en attente de paiement depuis le JJ/MM/AA et que vous en attendez un règlement très rapidement. Si l’entreprise est proche, je vous conseille même de vous déplacer, souvent ça paye (c’est le cas de le dire) car il est moins facile d’esquiver face à la personne. Une petite visite à l’improviste, un sourire et vous avez de grande chance de repartir avec le chèque !
Tout au plus à cette étape, il s’est passé 3 semaines depuis le jour où vous auriez du être réglé (15 jours max pour le coup de tel, vous attendez 8 jours pour recevoir le règlement et vous relancez par mail). Les formules de politesses ayant été épuisées (la patience et la gentillesse aussi) il ne faut pas avoir de scrupules à entamer une procédure de recouvrement officielle.
1ère étape, en courrier simple : une copie de la facture sur laquelle vous apposez bien en évidence un « relance » en rouge même si besoin. Facture accompagnée d’un petit mot du genre « je vous rappelle votre facture impayée mais ne vous en offusquez pas » :
« Sauf erreur ou omission de notre part, nous constatons que votre compte client présente à ce jour un solde débiteur de xx €uros TTC. Ce montant correspond à la facture n° du JJ/MM/AA restée impayée pour un montant de xx €uros TTC. L’échéance étant dépassée, nous vous demandons de bien vouloir régulariser la situation par retour de courrier. Dans le cas où votre règlement aurait été adressé entre temps, nous vous prions de ne pas tenir compte de la présente. Vous remerciant par avance, nous vous prions d'agréer… »
Une copie dans votre dossier client, un timbre et on laisse reposer 8/10 jours pas plus. Sans nouvelle, on passe à l’étape suivante, plus fermement.
2ème étape, en courrier recommandé (ET en lettre simple) : Toujours une copie de la facture (pour limiter le risque qu’on vous dise qu’on ne l’a pas) et un petit courrier du genre « visiblement vous n’avez pas compris à quoi vous vous exposiez… » :
« Nous constatons avec regret que vous n’avez pas donné suite à notre précédent rappel du JJ/MM/AA. Votre compte reste toujours débiteur de xx €uros TTC correspondant à notre facture n° du JJ/MM/AA restée impayée pour un montant de xx €uros TTC. Nous vous rappelons vos obligations contractuelles et vous serions reconnaissants de procéder au règlement de cette somme à réception de la présente (ou sous 8 jours si vous êtes patient). Conformément à nos CGV, nous vous rappelons que sans règlement de votre part par retour de courrier, nous engagerons une procédure de recouvrement judiciaire. Vous vous exposez dès lors à l’application d’une majoration de xx%, et au calcul des intérêts de retard, frais inhérents à la procédure de recouvrement... »
Montrer les dents suffit parfois et vous pouvez à ce stade récupérer votre dû… Sinon…
Sinon va falloir passer au stade supérieur : la mise en demeure, en recommandé. Important, l’objet du courrier doit clairement être défini comme une mise en demeure :
« Malgré nos relances téléphoniques et nos différents courriers écrits, nous constatons que vous n’avez toujours pas réglé notre facture n°xx , arrivée à échéance le JJ/MM/AA pour un montant de xx €uros TTC. Aussi, par la présente, nous vous mettons en demeure de nous verser, à titre principal, la somme de xx €uros. Conformément à l’article 1153 du code civil, cette somme sera majorée des intérêts moratoires calculés selon les modalités définies dans nos CGV. Nous vous informons que ces pénalités courent dès réception de la présente. Si dans un délai de 8 jours à compter de cette date vous ne vous êtes toujours pas acquitté de cette somme, nous saisirons la juridiction compétente afin d’obtenir le paiement des sommes dues. »
Et ainsi, nous arrivons à la fin de la procédure à l’amiable. Surtout pensez à garder une trace de tout, noter les appels téléphoniques, les dates de promesses… Si votre client fait partie des honnêtes ou des impressionnables, il vous réglera avant la mise en demeure. Pour les plus récalcitrants, cette dernière devrait les convaincre de leur intérêt à régler promptement leur dû. Vous pouvez aussi tomber, comme moi, sur un client de mauvaise foi que rien ne délogera de son mutisme. Ne vous découragez pas, continuer la procédure même s’il reste silencieux, même s’il ne va pas chercher ses lettres recommandées (d’ailleurs quand ces lettres vous reviennent gardez les précieusement sans les ouvrir)
La prochaine fois, on verra la solution suivante : l’injonction de payer.





Commentaires
D'excellents conseils Nath' !
Dans la majorité des cas, ces simples formalités suffisent à recouvrer la facture heureusement, même si c'est toujours pénible d'en arriver là pour se faire payer...
Quant aux "autres" clients, ceux de mauvaise foi, il ne faut surtout pas baisser les bras et se laisser démoraliser par, justement, cette mauvaise foi.
Merci pour ta mention dans ton article sur la relance par téléphone
Bises, bonne continuation !
Sandra
Hello !
Merci pour toutes ces infos !
Sympa le design ! J'adore !
Il est vrai que les impayés sont toujours délicats à gérer, d'autant lorsqu'il s'agit d'un client régulier ou avec lequel il y a d'autres projets à venir.
Le tout est de rester ferme et aimable. Pas toujours évident...
En tous cas, ton billet explique très clairement toute la procédure. Bravo !
Mon Dieu qu'il en faut de la patience et de la diplomatie ! En plus il reste l'injonction de payer ?
